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Google finance 96 mégawatts électriques de plus dans quatre réacteurs de l’État de Géorgie

Google va financer l’augmentation de puissance de quatre réacteurs de Georgia Power, dans l’État américain de Géorgie, pour environ 96 mégawatts électriques supplémentaires. Plutôt que de bâtir une centrale, on demande aux anciennes de pousser un peu plus fort.

Tours de refroidissement de la centrale nucléaire Vogtle, dans l'État de Géorgie (États-Unis)
Les tours de refroidissement de la centrale Vogtle, près de Waynesboro (État de Géorgie, États-Unis), sur une photographie publiée en 2007.Goodmapd at English Wikipedia, domaine public · source

Les faits

Le 21 septembre 2026, Georgia Power, filiale de Southern Company installée dans l’État américain de Géorgie, et Google ont annoncé un accord visant à augmenter la puissance de quatre réacteurs déjà en service : les unités 1 et 2 de la centrale Vogtle, près de Waynesboro, et les unités 1 et 2 de la centrale Hatch, près de Baxley. Les travaux, qui portent sur la part de ces unités détenue par Georgia Power, doivent ajouter environ 96 mégawatts (MW) de capacité nouvelle, selon Georgia Power. Il s’agit de mégawatts électriques (MWe), livrés au réseau, précise l’American Nuclear Society.

Le mécanisme repose sur un nouveau tarif, baptisé NU-1 (Nuclear Uprate). Google y souscrit et reçoit en contrepartie les Zero-Emission Credits (ZEC) attachés à l’électricité supplémentaire. Georgia Power estime à environ 900 millions de dollars les bénéfices projetés pour ses clients sur la durée de vie des unités. Le dossier a été déposé le jour même auprès de la Georgia Public Service Commission (PSC), le régulateur des services publics de l’État, qui doit encore valider l’accord et le tarif.

La centrale nucléaire Vogtle photographiée le 11 mars 2025 près de Waynesboro, dans l'État de Géorgie
La centrale Vogtle en mars 2025. Seules ses unités 1 et 2 sont concernées par l'accord avec Google.Kai NeSmith, CC BY 4.0 · source

Selon Georgia Power, plus de 25 % de l’énergie produite dans l’État l’an dernier venait du nucléaire. Les unités 3 et 4 de Vogtle, deux AP1000 raccordés au réseau en 2023 et 2024, ne sont pas concernées, précise l’American Nuclear Society.

Ce que recouvre une augmentation de puissance

La Nuclear Regulatory Commission (NRC), l’autorité de sûreté américaine, distingue trois niveaux. Le plus faible, la measurement uncertainty recapture, gagne moins de 2 % grâce à une mesure plus fine du débit d’eau alimentaire. L’augmentation dite stretch atteint généralement 7 % au plus, dans les marges de conception, surtout par des réglages d’instrumentation. L’extended power uprate (EPU), retenue pour Vogtle et Hatch, va au-delà de 7 % et jusqu’à 20 % : elle exige de remplacer ou modifier des équipements lourds, comme les turbines haute pression, les pompes de condensat, les alternateurs ou les transformateurs.

La centrale nucléaire Edwin I. Hatch près de Baxley, dans l'État de Géorgie
La centrale Hatch, près de Baxley, en 2010. Ses deux réacteurs à eau bouillante ont déjà bénéficié de trois augmentations de puissance.Civilengtiger at English Wikipedia, CC BY-SA 3.0 · source

Hatch connaît l’exercice. Les tableaux de la NRC recensent, pour chacune de ses deux unités, un gain de 5 % en 1995, une EPU de 8 % en 1998 et 1,5 % supplémentaire en 2003. Vogtle 1 et 2 ont obtenu 4,5 % chacune en 1993, puis 1,7 % en 2008 grâce à une mesure plus fine du débit (measurement uncertainty recapture). L’EPU de Vogtle 1 et 2 avait déjà été approuvée par la PSC en 2025 ; celle de Hatch fait l’objet d’une nouvelle demande dans le dépôt du 21 septembre.

À l’échelle du pays, la NRC indique que les augmentations approuvées au cours des vingt dernières années ont ajouté environ 6 gigawatts. Son tableau cumulé, depuis 1977, totalise 24 089 mégawatts thermiques (MWt), soit 8 030 MWe. L’agence attend encore 31 demandes d’ici 2032, soit 7 336 MWt ou environ 2 421 MW électriques. Hatch 1 et 2 y figurent au deuxième trimestre 2027, Vogtle 1 et 2 au quatrième trimestre 2028.

Le portefeuille nucléaire de Google

L’accord conclu dans l’État de Géorgie s’ajoute à d’autres engagements. En octobre 2025, NextEra Energy et Google ont annoncé le redémarrage de la centrale Duane Arnold, dans l’Iowa (615 MW), avec un contrat d’achat d’électricité de 25 ans et une remise en service visée au premier trimestre 2029, sous réserve de l’accord de la NRC. DatacenterDynamics recense aussi un contrat de 50 MW avec Kairos Power, un contrat de 200 MW avec Commonwealth Fusion Systems, un accord avec Elementl Power portant sur trois projets nucléaires aux États-Unis et un contrat de 22 ans avec le finlandais Fortum lié à la centrale de Loviisa.

Les concurrents empruntent des voies voisines. En juin 2025, Constellation et Meta ont signé un contrat de 20 ans sur la centrale de Clinton, dans l’Illinois (1 121 MW), à partir de juin 2027 ; il prévoit notamment 30 MW supplémentaires par augmentation de puissance. En volume, les 96 MW de Vogtle et Hatch pèsent peu face à un redémarrage complet comme Duane Arnold, mais ils ne demandent ni nouveau site ni nouveau réacteur.

Qui paie, qui en profite

Georgia Power présente NU-1 comme une variante de ses programmes d’énergie renouvelable par abonnement, conçue pour que les clients non participants ne supportent pas le surcoût des travaux. Aaron Mitchell, vice-président principal chargé de la croissance stratégique, y voit le dernier exemple de la façon dont la croissance des gros consommateurs « peut bénéficier à tous les clients ». Lucia Tian, directrice des technologies énergétiques avancées de Google, présente les centres de données de l’entreprise comme des « investissements de long terme » dans les territoires où elle s’installe, et promet « des centaines de millions de dollars » de bénéfices directs pour les clients.

Le contexte local est celui d’une forte croissance des centres de données. WRDW rapporte que le comté de Columbia a approuvé un projet de Google représentant au moins 17 milliards de dollars d’investissement privé. L’Atlanta Journal-Constitution rappelle que 10 000 MW de nouvelles capacités de production, en majorité au gaz, ont déjà été approuvés dans l’État, et relève une contestation croissante liée à la hausse des factures et au manque de consultation publique.

Ce qui reste à confirmer

  • la validation par la PSC du tarif NU-1 et de l’EPU de Hatch ;
  • les autorisations de la NRC, dont les demandes ne sont attendues qu’en 2027 (Hatch) et 2028 (Vogtle) ;
  • la répartition des 96 MW entre les deux centrales et le calendrier des travaux, non publiés ;
  • les conditions financières de l’abonnement de Google, dont le contrat est expurgé dans le dossier public, selon l’American Nuclear Society ;
  • une garantie de prêt du département de l’Énergie, présentée comme encore en attente par l’Atlanta Journal-Constitution.

Pourquoi ça compte

Les grands opérateurs du numérique multiplient les contrats nucléaires, mais le redémarrage de Duane Arnold n’est pas attendu avant 2029. L’augmentation de puissance de réacteurs déjà autorisés offre une autre voie, de moindre ampleur mais encadrée par une procédure que la NRC applique depuis les années 1970. Reste à voir si le modèle d’abonnement NU-1, une fois approuvé, sera repris pour les autres EPU que la NRC attend d’ici 2032.

Note d’archive

  • L’accord a été déposé le 21 septembre 2026 auprès de la Georgia Public Service Commission (dossiers 44280 et 56002), qui doit encore l’approuver.
  • Hatch a déjà obtenu trois augmentations de puissance de la NRC pour chacune de ses deux unités : 5 % en 1995, 8 % en 1998 et 1,5 % en 2003.
  • La NRC attend 31 demandes d’augmentation de puissance d’ici 2032, pour environ 2 421 MW électriques ; Hatch est prévu au 2e trimestre 2027, Vogtle au 4e trimestre 2028.

Sources

  1. Georgia Power (PR Newswire), Georgia Power agreement with Google to provide approximately $900 million in projected benefits for customers and advance nuclear energy in Georgia, 21 sept. 2026 (source primaire)
  2. U.S. Nuclear Regulatory Commission, Types of Power Uprates, 15 sept. 2026 (source primaire)
  3. U.S. Nuclear Regulatory Commission, Approved Applications for Power Uprates, 15 sept. 2026 (source primaire)
  4. U.S. Nuclear Regulatory Commission, Expected Applications for Power Uprates, 8 sept. 2026 (source primaire)
  5. U.S. Nuclear Regulatory Commission, Power Uprates, 15 sept. 2026 (source primaire)
  6. NextEra Energy (PR Newswire), NextEra Energy and Google Announce New Collaboration to Accelerate Nuclear Energy Deployment in the U.S., 27 oct. 2025 (source primaire)
  7. American Nuclear Society (Nuclear Newswire), Google, Georgia Power announce partnership to uprate plants, 23 sept. 2026
  8. DatacenterDynamics, Google inks deal to support nuclear uprates at Georgia Power's Vogtle and Hatch plants, 22 sept. 2026
  9. The Atlanta Journal-Constitution, Georgia Power is upgrading its nuclear reactors, and Google is buying the electricity, 22 sept. 2026
  10. WRDW, Deal calls for Google to help pay for Vogtle upgrades, 21 sept. 2026
  11. Le Monde Informatique, Meta signe un contrat d'énergie nucléaire sur 20 ans, 4 juin 2025
  12. Clubic, Nucléaire pour alimenter l'IA : Google réveille une centrale abandonnée et signe son premier accord en Europe, 9 sept. 2026

Crédits des images et vidéos

  • Les tours de refroidissement de la centrale Vogtle, près de Waynesboro (État de Géorgie, États-Unis), sur une photographie publiée en 2007. : Goodmapd at English Wikipedia, domaine public · source
  • La centrale Vogtle en mars 2025. Seules ses unités 1 et 2 sont concernées par l'accord avec Google. : Kai NeSmith, CC BY 4.0 · source
  • La centrale Hatch, près de Baxley, en 2010. Ses deux réacteurs à eau bouillante ont déjà bénéficié de trois augmentations de puissance. : Civilengtiger at English Wikipedia, CC BY-SA 3.0 · source

Corrections

  • : Nous écrivions « réacteurs géorgiens » et « Géorgie » sans autre précision ; il s’agit de l’État de Géorgie, aux États-Unis, et non du pays du Caucase.
  • : Nous écrivions que les centrales Hatch et Vogtle fournissent plus du quart de l’énergie consommée dans l’État ; Georgia Power indique en réalité que plus de 25 % de l’énergie produite l’an dernier dans l’État venait du nucléaire.
  • : Mis à jour : précision de l’unité des 96 MW (mégawatts électriques, selon l’American Nuclear Society), ajout de l’augmentation de puissance obtenue par Vogtle 1 et 2 en 2008, retrait d’une mention non sourcée de l’opérateur TVA, sources françaises de contexte.

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— Les archivistes du Bunker

Méthode : 3 sources minimum dont la source officielle, recoupées avec l’aide d’une IA (Claude), vérifiées et validées par un humain le 28 sept. 2026. Les versions anglaise et suédoise sont des traductions réalisées par IA. Notre méthode
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