Les faits
Le 23 septembre 2026, la NASA a annoncé avoir retenu PRIMA (PRobe far-Infrared Mission for Astrophysics) comme toute première mission d’une nouvelle catégorie, les « Probe Explorers ». Le télescope doit être lancé en 2033, pour une mission prévue sur cinq ans.
PRIMA embarque un miroir principal de 1,8 mètre en aluminium, refroidi activement à environ 4,5 kelvins, soit environ −268,6 °C. Deux instruments y seront installés : une caméra, PRIMAger, et un spectromètre, FIRESS, qui décompose la lumière pour en identifier les composants. L’ensemble observera entre 24 et 235 micromètres de longueur d’onde, dans l’infrarouge lointain.
Le coût de la mission est plafonné à 1,2 milliard de dollars, sans compter le lancement ni les dépenses hors projet. Le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA pilote la mission, avec les centres Goddard et Marshall. Sept agences partenaires y participent, dont le CNES pour la France, ainsi que les agences italienne, allemande, canadienne, sud-coréenne, japonaise et britannique. L’Institut Max-Planck d’astronomie fournira par exemple deux miroirs orientables qui ajustent le champ de vision des instruments. PRIMA entre maintenant en phase B, celle de la conception préliminaire.
Le contexte
La catégorie des Probe Explorers a été recommandée en 2021 par le rapport décennal des astronomes américains, Astro2020. Elle doit combler le vide entre les très grands observatoires, comme le télescope James-Webb, et les petites missions. En octobre 2024, la NASA avait financé deux études concurrentes, de 5 millions de dollars chacune : AXIS, un observatoire en rayons X, et PRIMA. Le plafond de coût était alors fixé à un milliard de dollars, pour un lancement en 2032.
L’infrarouge lointain est presque entièrement absorbé par l’atmosphère terrestre : il faut donc aller l’observer depuis l’espace. Le dernier observatoire spatial capable de le faire, Herschel, de l’Agence spatiale européenne, a cessé de fonctionner en 2013. La NASA a bien exploité le télescope infrarouge Spitzer jusqu’en 2020, mais l’hélium liquide qui refroidissait ses instruments s’est épuisé dès 2009 : ses détecteurs aux plus grandes longueurs d’onde n’étaient alors plus assez froids pour observer. Un tel télescope doit aussi être très froid, car sa propre chaleur émettrait dans ces longueurs d’onde et éblouirait ses détecteurs.

Pourquoi ça compte
L’infrarouge lointain traverse les nuages de poussière qui cachent la naissance des étoiles et la croissance des trous noirs au cœur des galaxies. PRIMA doit aider à comprendre comment les galaxies ont évolué, comment la poussière et les éléments lourds se sont accumulés dans l’Univers, comment se forment les planètes, et même d’où vient l’eau de la Terre.

Grâce à son miroir refroidi, le télescope sera bien plus sensible que ses prédécesseurs. Selon l’université du Maryland, à certaines longueurs d’onde, PRIMA pourra obtenir des observations aussi profondes que celles de Herschel jusqu’à six ordres de grandeur plus vite, soit un million de fois plus rapidement. « Il est rare qu’un instrument mis en service soit plusieurs ordres de grandeur plus performant que celui qui l’a précédé. Même un facteur 10 est rare. Plusieurs ordres de grandeur, c’est presque du jamais-vu », souligne Sylvain Veilleux, professeur d’astronomie à l’université du Maryland et responsable du groupe de travail scientifique de PRIMA consacré aux noyaux actifs de galaxies.
Note d’archive
- Sélectionné le 23 septembre 2026, lancement visé en 2033 pour une mission de cinq ans.
- Miroir de 1,8 m refroidi vers 4,5 K ; coût plafonné à 1,2 milliard de dollars, hors lancement.
- Premier observatoire spatial de l’infrarouge lointain depuis Herschel (2009-2013).
Sources
- NASA, NASA Selects Far-Infrared Telescope as First in New Mission Class, 23 sept. 2026 (source primaire)
- CNES, Feu vert pour PRIMA, futur observatoire de l'infrarouge lointain, 24 sept. 2026 (source primaire)
- CNES, PRIMA : l'infrarouge lointain, une expertise française au service de la science internationale, 24 sept. 2026
- Université du Maryland, département d'astronomie, Two UMD Astronomers on PRIMA Team Selected for New Class of NASA Astrophysics Missions, 23 sept. 2026
- Max-Planck-Gesellschaft (MPIA), NASA selects new far-infrared telescope PRIMA with MPIA providing crucial hardware, 25 sept. 2026
- NASA Science, NASA Selects AXIS and PRIMA for Astrophysics Probe Explorers Studies, 7 oct. 2024
- NASA Jet Propulsion Laboratory, NASA's Spitzer Telescope Warms Up To New Career, 6 mai 2009
- SatNews, NASA Selects Far-Infrared PRIMA Telescope as Initial Billion-Dollar Astrophysics Probe Explorer Mission, 26 sept. 2026
- Clubic, La NASA tient déjà son prochain grand télescope spatial, il s'appelle PRIMA et va observer l'Univers invisible, 24 sept. 2026
- GNT (Génération-NT), La NASA annonce son nouveau télescope spatial PRIMA, 27 sept. 2026
- Ciel et Espace, Fin de la mission Herschel : un premier bilan, 30 avr. 2013
- Cité de l'espace, L'héritage infrarouge de Spitzer, 4 juin 2020
Crédits des images et vidéos
- Le nuage du Taureau vu en infrarouge lointain par Herschel (ESA), le type d'observation que PRIMA reprendra. : ESA/Herschel/NASA/JPL-Caltech, remerciements R. Hurt (JPL-Caltech), CC BY-SA 3.0 IGO · source
- Spitzer, télescope infrarouge de la NASA exploité de 2003 à 2020 (vue d'artiste). : NASA/JPL-Caltech, domaine public (NASA) · source
- Des pouponnières d'étoiles cachées par la poussière (complexe W3/W4/W5), observées par Herschel. : ESA/Herschel/NASA/JPL-Caltech, remerciements R. Hurt (JPL-Caltech), CC BY-SA 3.0 IGO · source
Corrections
- : Nous attribuions à Alberto Bolatto la phrase sur un instrument « plusieurs ordres de grandeur » plus performant ; elle est de Sylvain Veilleux, professeur d’astronomie à l’université du Maryland et responsable du groupe de travail scientifique de PRIMA sur les noyaux actifs de galaxies. Nous avons aussi rétabli le chiffre qui la fonde : à certaines longueurs d’onde, PRIMA pourra observer jusqu’à six ordres de grandeur (un million de fois) plus vite que Herschel à profondeur égale.
- : Mis à jour : conversion de 4,5 kelvins précisée (environ −268,6 °C), passage sur Spitzer précisé, titre d’une source corrigé, sources françaises ajoutées (CNES, Clubic, Ciel et Espace, Cité de l’espace, GNT).
— Les archivistes du Bunker
Méthode : 3 sources minimum dont la source officielle, recoupées avec l’aide d’une IA (Claude), vérifiées et validées par un humain le 28 sept. 2026. Les versions anglaise et suédoise sont des traductions réalisées par IA. Notre méthode
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