Les faits
Le 28 septembre 2026, la NASA et Boeing ont présenté le nouveau plan de retour en vol de la capsule Starliner. Première étape : Starliner-1, une mission sans équipage vers la Station spatiale internationale (ISS), qui « pourrait voler en décembre de cette année ou en janvier 2027 », indique le communiqué de l’agence. L’objectif est de vérifier les modifications thermiques apportées au vaisseau et de recueillir les données de performance nécessaires à sa qualification.
Si ce vol se passe bien, des astronautes reprendront place à bord. « Notre plan actuel est de faire revoler des astronautes sur Starliner-2 d’ici 2028 », déclare l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, dans le communiqué ; selon Space.com, des représentants de Boeing ont précisé que ce lancement viserait probablement le milieu de l’année 2028. D’après Spaceflight Now, l’astronaute Warren « Woody » Hoburg commandera cette mission, et ses coéquipiers seront désignés plus tard.
La NASA annonce aussi qu’elle compte lever les options d’un cinquième et d’un sixième vol aller-retour vers l’ISS, et qu’elle travaillera avec Boeing et United Launch Alliance (ULA) pour certifier la fusée Vulcan, appelée à prendre le relais après le dernier vol de l’Atlas V. Selon Space.com, Dana Weigel, responsable des opérations en orbite basse à la NASA, a chiffré à 359 millions de dollars l’ensemble des améliorations du vaisseau et de la certification de Vulcan.
En France : aucune date précise, donc aucun horaire de lancement à l’heure de Paris, n’est encore fixé pour Starliner-1 ; la NASA évoque seulement décembre 2026 ou janvier 2027.
Ce qui a cloché en 2024
Le premier vol habité de Starliner, le vol d’essai CFT, est parti le 5 juin 2024 pour une mission prévue sur une dizaine de jours. Il a connu, pendant l’approche de la station, des fuites d’hélium et des défaillances de propulseurs, rappelle Spaceflight Now. La capsule est revenue à vide trois mois plus tard, et ses deux passagers, Butch Wilmore et Suni Williams, sont rentrés en mars 2025 à bord d’une Crew Dragon de SpaceX. Selon le même site, une commission d’examen indépendante a ensuite classé l’épisode comme un incident évité de justesse.

En février 2026, l’équipe d’enquête de la NASA a publié ses conclusions, assorties de 61 recommandations adressées à l’agence. Le communiqué du 28 septembre en retient l’essentiel : les propulseurs de contrôle d’attitude du module de service ont fonctionné hors du domaine pour lequel ils avaient été qualifiés, ce qui a entraîné la perte de contrôle constatée pendant le vol. Les essais au sol ont montré que ces défauts venaient d’une combinaison de facteurs, dont l’environnement thermique et certaines caractéristiques de conception.
NASASpaceFlight détaille le mécanisme : la chaleur et le contact avec le comburant peuvent faire gonfler le joint d’une vanne, qui déborde de son logement et freine l’arrivée du tétroxyde d’azote dans le propulseur.
Un vol d’essai pour valider les réparations
Boeing a déjà apporté des modifications thermiques au module de service, et c’est ce point que Starliner-1 doit évaluer en priorité. La NASA le présente comme une « mission d’évaluation technique » : vérifier l’environnement thermique, obtenir les données nécessaires à la qualification et mesurer le risque qui subsiste avant les vols habités. « Nous ferons une série de démonstrations et d’essais en orbite, nous solliciterons les propulseurs, et nous combinerons les données de la mission avec la nouvelle conception », a expliqué Dana Weigel, selon Spaceflight Now.

Les autres corrections viendront après ce vol. La NASA et Boeing prévoient une nouvelle conception des vannes des propulseurs du module de service, pour remédier au débordement du joint. Boeing installera aussi de nouveaux propulseurs et des batteries sur la capsule, et modifiera légèrement le système de parachutes, indique le communiqué. D’après Spaceflight Now, les vannes des douze propulseurs de manœuvre de la capsule seront toutes remplacées. Côté fuites d’hélium, Space.com rapporte que le matériau des joints a été changé.
La question du lanceur
Starliner a toujours décollé sur une Atlas V, et c’est là que se joue la suite. Selon Spaceflight Now, il ne reste qu’une demi-douzaine de ces fusées dans l’inventaire d’ULA, et NASASpaceFlight rappelle que leur production s’arrête. D’après Space.com, les missions Starliner-1 à Starliner-4 partiront sur Atlas V, tandis que Starliner-5 et Starliner-6 devront voler sur Vulcan, qui n’est pas encore certifiée pour les vols habités.

Ces deux derniers vols changent l’équilibre du contrat. Signé en 2014 pour six missions vers l’ISS, il avait été ramené fin 2025 à trois vols habités, plus deux en option, rappelle Ciel & Espace, qui annonçait alors un vol sans astronautes à partir d’avril 2026 ; en janvier 2026, la Cité de l’espace (Toulouse) évoquait encore « avril 2026 au plus tôt ». Le même mois, Futura notait que ce retour en vol suscitait « des interrogations sur l’intérêt de poursuivre le développement de ce véhicule ». Avec ces options levées, le plan compte de nouveau six missions, numérotées de Starliner-1 à Starliner-6 dans le détail rapporté par Space.com.
Pourquoi ça compte
L’enjeu est d’abord l’accès à l’orbite. « La capsule Crew Dragon de SpaceX est aujourd’hui le seul vaisseau américain opérationnel pour transporter des astronautes », rappelle Spaceflight Now. Selon le même site, la NASA veut ramener Boeing dans le jeu pour garantir des vols vers l’ISS jusqu’à la fin de la station, prévue en 2030, puis vers les futures stations commerciales. Or, selon Space.com, SpaceX prévoit de retirer Crew Dragon et Falcon 9 vers la même période ; la NASA vient d’ailleurs de lui commander, le 19 septembre 2026, trois missions supplémentaires (Crew-15 à Crew-17) pour 946 millions de dollars.
Le public français connaît bien cette dépendance : c’est à bord d’une Crew Dragon que Sophie Adenot, astronaute de l’ESA, a décollé de Cap Canaveral, en Floride, le 13 février 2026, pour la mission Crew-12, rappelle le CNES. Un second vaisseau américain certifié élargirait les options de transport vers la station pendant ses dernières années d’exploitation.
L’enjeu est aussi industriel. Après un vol d’essai habité revenu sans son équipage, Starliner-1 dira si l’analyse des ingénieurs tient en conditions réelles ; la certification de Vulcan décidera ensuite si le programme peut aller au-delà des dernières Atlas V.
Note d’archive
- 28 septembre 2026 : la NASA annonce un vol sans équipage, Starliner-1, en décembre 2026 ou en janvier 2027, puis le retour d’astronautes sur Starliner-2 d’ici 2028.
- L’agence compte lever les options d’un cinquième et d’un sixième vol, et faire certifier la fusée Vulcan de United Launch Alliance pour les vols habités.
- Warren « Woody » Hoburg commandera Starliner-2 ; les autres membres d’équipage seront nommés plus tard.
Sources
- NASA, NASA, Boeing Share Update on Commercial Starliner Development Plans, 28 sept. 2026 (source primaire)
- CNES, Sophie Adenot, astronaute française de l'ESA, en route vers l'ISS, 13 févr. 2026 (source primaire)
- Ciel & Espace, La capsule Starliner repartira dans l'espace sans astronautes au printemps 2026, 25 nov. 2025
- Futura, 2026 s'annonce comme une année décisive pour l'espace, et tout pourrait s'accélérer, 12 janv. 2026
- Cité de l'espace (Toulouse), Le spatial en 2026, 8 janv. 2026
- Spaceflight Now, NASA plans unpiloted Starliner test flight at end of year, 29 sept. 2026
- NASASpaceFlight, NASA, Boeing outline Starliner's return path to ISS crew rotations, 28 sept. 2026
- Space.com, Boeing's Starliner won't launch astronauts until 2028 (and may need a new rocket), NASA says, 28 sept. 2026
Crédits des images et vidéos
- Starliner en approche de l'ISS le 20 mai 2022, lors du vol d'essai sans équipage OFT-2, photographié depuis la station. : NASA, domaine public (NASA) · source
- Le 6 septembre 2024, Starliner quitte l'ISS sans équipage et allume ses propulseurs, à l'issue du vol d'essai habité CFT. : NASA/JSC, domaine public (NASA) · source
- Schéma de Starliner publié par la NASA : la capsule d'équipage et, dessous, le module de service, qui porte une grande partie des propulseurs. : NASA, domaine public (NASA) · source
- Starliner au sommet de sa fusée Atlas V, sur le pas de tir SLC-41 de Cap Canaveral (Floride), en mai 2024, avant le vol d'essai habité. : Charles & Maggie Boyer, CC BY 2.0 · source
— Les archivistes du Bunker
Méthode : 3 sources minimum dont la source officielle, recoupées avec l’aide d’une IA (Claude), vérifiées et validées par un humain le 29 sept. 2026. Les versions anglaise et suédoise sont des traductions réalisées par IA. Notre méthode
Une erreur ? Signalez-la : nous corrigeons publiquement.
