Les faits
Le 25 septembre 2026, le satellite LINK de l’entreprise américaine Katalyst Space a quitté son orbite après 85 jours dans l’espace, indique le communiqué publié le jour même par la société. Sa mission, financée par la NASA à hauteur de 30 millions de dollars, consistait à s’arrimer à l’observatoire Neil Gehrels Swift puis à relever son orbite, qui s’abaisse sous l’effet du frottement atmosphérique. La capture n’a jamais été tentée.
LINK a été lancé le 3 juillet par une fusée Pegasus XL, larguée à environ 12 000 mètres d’altitude par l’avion porteur Stargazer depuis l’atoll de Kwajalein. Pendant sa mise en service, il a perdu le contrôle de son orientation et s’est mis à tourner sur lui-même : fin juillet, deux de ses trois roues de réaction étaient hors service, à la suite d’une panne de son système électrique, selon Katalyst. Les ingénieurs ont ramené sa rotation de 9 à 1,47 degré par seconde, mais le contrôle d’attitude par propulseurs a consommé l’ergol qui devait servir à la capture.

Le 19 août, la NASA a annoncé que LINK ne saisirait pas Swift. Le robot s’est ensuite approché à 12-15 km du télescope, sans aller plus près, pour en prendre des images, et a testé la commande de ses trois bras robotisés, indique Katalyst.
Vingt et un ans de sursauts gamma
Swift a été lancé le 20 novembre 2004 par une Delta II, sur une orbite d’environ 600 km d’altitude inclinée de 20,6° sur l’équateur. Conçu pour une mission de deux ans, il a mené vingt et un ans d’observations avant que son orbite ne se dégrade rapidement, rappelle la NASA. Ses trois instruments travaillent en relais : le Burst Alert Telescope (BAT, 15 à 150 keV), qui couvre 16 % du ciel d’un coup, repère les sursauts gamma ; le télescope à rayons X (XRT, 0,2 à 10 keV) et le télescope ultraviolet-optique (UVOT) pivotent alors vers la source pour en suivre la rémanence.

Dès 2015, Swift avait détecté plus de mille sursauts gamma, rappelle Futura. Sa force tient à cet enchaînement automatique : sitôt un sursaut repéré, il pointe vers lui ses télescopes X et ultraviolet-optique.
Une orbite rongée par le Soleil
Le problème est identifié depuis janvier 2025 : les prévisions de la NASA annonçaient alors une rentrée dès l’été 2026, le maximum d’activité solaire dilatant la haute atmosphère et augmentant la traînée. Pour gagner du temps, l’équipe a remplacé en décembre 2025 environ 25 % des cibles scientifiques par des orientations limitant le frottement, puis a basculé entièrement dans ce mode en février 2026, en éteignant XRT et UVOT. BAT a été mis en pause en avril.
La NASA a choisi une solution commerciale : deux études de concept en août 2025, puis le contrat de septembre 2025. La Pegasus XL a été retenue en novembre 2025 parce qu’un tir depuis l’atoll de Kwajalein, dans les îles Marshall, plaçait LINK directement sur l’orbite de Swift, peu inclinée (20,6°) et proche de l’équateur. Le robot, environ 400 kg pour 1,8 m de haut, a passé ses essais de vibration et de vide thermique au centre Goddard, dans le Space Environment Simulator, la chambre qu’avait utilisée Swift plus de vingt ans plus tôt.

Ce que disent les deux partenaires
Devant le comité d’astronomie et d’astrophysique des Académies nationales américaines, le 23 septembre, Kieran Wilson (Katalyst) a attribué l’échec à une vanne du système de contrôle par réaction (RCS) restée sans réponse, puis à la panne d’un commutateur de circuit électrique ; la perte des roues de réaction explique selon lui l’essentiel de l’impossibilité du rendez-vous, rapporte SpacePolicyOnline. John Von Eepoel, chef de projet adjoint au centre Goddard, y a salué l’« acceptation de prendre un risque énorme » à tous les niveaux de l’organisation.
L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, avait résumé la situation en août : ce n’est « pas le résultat que nous visions », mais cela « ne change pas la raison pour laquelle cette mission valait d’être tentée ». Ghonhee Lee, PDG de Katalyst, retient le délai : moins d’un an entre le concept et la mise en service de ce qu’il présente comme le premier robot spatial commercial. La société affirme avoir conçu, construit, testé et lancé LINK en neuf mois.
Ce qui reste à confirmer
La date de rentrée de Swift reste incertaine. Le 25 septembre, la NASA le situait à environ 325 km d’altitude et estimait qu’il franchirait « début à mi-octobre » le seuil de 300 km, sous lequel les opérations deviennent difficiles et les observations scientifiques cesseront probablement. En août, la NASA indiquait continuer à étudier d’autres options pour prolonger Swift, sans les détailler.
Pourquoi ça compte
En attendant, Swift a choisi d’observer. XRT et UVOT ont été rallumés le 26 août ; BAT a de nouveau détecté des rayons gamma le 18 septembre, et le repointage automatique vers les sursauts a repris le 21 septembre. Début septembre, les scientifiques estimaient que le seuil des 300 km serait atteint d’ici un à deux mois, rapportait GNT. La fin de Swift privera les astronomes d’un détecteur qui observe 16 % du ciel à la fois et oriente aussitôt ses télescopes vers chaque sursaut. L’échec de LINK laisse, lui, un retour d’expérience rare : celui d’une tentative de dépannage orbital commercial menée de bout en bout en moins d’un an.
Note d’archive
- Swift a été lancé le 20 novembre 2004 pour une mission prévue de deux ans.
- Le contrat de 30 millions de dollars confié par la NASA à Katalyst Space date de septembre 2025.
- LINK a passé 85 jours en orbite, du 3 juillet au 25 septembre 2026.
Sources
- Katalyst Space, Katalyst Concludes LINK Mission, Advances Future Robotic Space Operations, 25 sept. 2026 (source primaire)
- NASA, NASA's Swift Powers On Third Instrument, Restarts Automated Slewing, 25 sept. 2026 (source primaire)
- NASA, NASA Updates Next Steps for Commercial Swift Boost Mission, 19 août 2026 (source primaire)
- NASA, Timeline (Swift Boost Mission), 3 juil. 2026 (source primaire)
- NASA Goddard Space Flight Center, The Neil Gehrels Swift Observatory – Fact Sheet (source primaire)
- SpacePolicyOnline, Swift Rescue Mission May Not Have Succeeded, But No Regrets, 23 sept. 2026
- France 24 (avec AFP), La Nasa échoue à sauver le télescope Swift, condamné à brûler dans l'atmosphère, 19 août 2026
- Noovo Info (The Associated Press), La mission de sauvetage du télescope spatial Swift de la NASA est annulée, 19 août 2026
- Futura, Panique à la Nasa avec sa mission spéciale de sauvetage : le robot qui doit capturer le satellite est devenu incontrôlable !, 30 juil. 2026
- GNT (Génération-NT), La Nasa abandonne le sauvetage du télescope Swift en orbite, 21 août 2026
- GNT (Génération-NT), Le télescope Swift reprend du service après l'échec de son sauvetage, 5 sept. 2026
- Futura, Le satellite Swift et les sursauts gamma découverts, 23 févr. 2017
Crédits des images et vidéos
- L'observatoire Neil Gehrels Swift en orbite, vu par le Conceptual Image Lab du centre Goddard de la NASA. : NASA Goddard Space Flight Center, Scientific Visualization Studio, domaine public (NASA) · source
- Le robot LINK de Katalyst Space attend d'être enfermé sous la coiffe de la Pegasus XL, le 8 juin 2026 à la base de Wallops (Virginie). : NASA's Scientific Visualization Studio - Ron Beard, University of Maryland College Park/Jeanette Kazmierczak, domaine public (NASA) · source
- Les 1 000 premiers sursauts gamma de Swift (2004-2015) sur une carte du ciel centrée sur le plan de la Voie lactée ; GRB 151027B est signalé en bas à droite. : NASA/Goddard Space Flight Center, and 2MASS/J. Carpenter, T. H. Jarrett, and R. Hurt, domaine public (NASA) · source
- Kieran Wilson et Hunter Robertson (Katalyst Space) près de LINK dans le Space Environment Simulator du centre Goddard, le 17 avril 2026, avant les essais en vide thermique. : NASA/Sophia Roberts, domaine public (NASA) · source
Corrections
- : Nous écrivions que la Pegasus XL plaçait LINK directement sur « l’orbite équatoriale » de Swift ; cette orbite n’est pas équatoriale, mais peu inclinée (20,6°), proche de l’équateur.
- : Nous titrions une partie « Vingt-deux ans de sursauts gamma » alors que le texte, suivant la NASA, parle de vingt et un ans d’observations depuis le lancement de novembre 2004 ; l’intertitre est corrigé en « Vingt et un ans de sursauts gamma ».
- : Mis à jour : altitude de l’orbite d’origine alignée sur la fiche technique de la NASA (environ 600 km), détails de la panne et de l’approche de LINK alignés sur le communiqué de Katalyst, retrait de trois éléments que nos sources ne permettaient plus d’appuyer (coût de Swift selon l’AP, date de rentrée évoquée par l’AP, faits marquants GW170817 et GRB 221009A), sources françaises ajoutées.
— Les archivistes du Bunker
Méthode : 3 sources minimum dont la source officielle, recoupées avec l’aide d’une IA (Claude), vérifiées et validées par un humain le 28 sept. 2026. Les versions anglaise et suédoise sont des traductions réalisées par IA. Notre méthode
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